Monde 8 août 7h00

Géorgie: «Washington aurait dû prêter davantage attention à ce conflit»

Charles Kupchan, spécialiste américain en relations internationales, estime que les Etats-Unis ont dans une certaine mesure encouragé «l'arrogance» du président géorgien.

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Recueilli par Philippe Grangereau

Charles Kupchan, ancien directeur du Bureau des affaires Européennes au Conseil national de sécurité, est aujourd'hui expert au Conseil des affaires étrangères, un centre de réflexion de Washington.Les Etats-Unis vont-ils réagir militairement à l'invasion russe de l'Ossétie du sud?
Je ne m'attends pas à voir les Etats-Unis ni l'Union européenne envoyer des troupes, des forces de maintien de la paix, ou des personnes qui s'impliqueraient dans le conflit. Ce serait trop hasardeux.

Pourtant les Etats-Unis sont un allié de la Géorgie, où sont basés 130 militaires américains qui entraînent l'armée?
Oui, et ça met les Etats-Unis dans une position maladroite. Washington est un partenaire proche de la Géorgie, qu'il aime dépeindre comme un exemple de démocratisation, et aussi parce que Tbilissi a envoyé 2.000 soldats en Irak.

Les Etats-Unis ont-ils fait des erreurs?
Les Etats-Unis sont préoccupés par la situation en Irak et en Afghanistan, et le reste du monde a été négligé, voire même ignoré par l'actuelle administration. Washington aurait dû prêter davantage attention à ce conflit. Une combinaison de sentiment anti-russe et un désir de dépeindre la Géorgie comme un modèle de démocratisation, a conduit Washington à laisser le président géorgien Mikheil Saakachvili n'en faire qu'à sa tête.

Le président Géorgien a sa part de responsabilité?
Oui. Il n'a cessé de parler de l'intégrité territoriale de la Géorgie d'une manière provocatrice, qui n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. Et cette attitude a été encouragée par les Etats-Unis, qui auraient dû l'inciter à davantage de modération. Saakachvili a cru que les Etats-Unis lui avaient donné un chèque en blanc. Le Département d'Etat lui a laissé croire que quoi qu'il advienne, Washington se battrait à ses côtés, se battrait pour intégrer la Géorgie à l'OTAN. Ceci a rendu le gouvernement géorgien plus arrogant, moins enclin à résoudre les conflits de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud par la négociation.

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